La France et le complot de la “main étrangère”, cette traditionnelle chanson du régime algérien est connue depuis des lustres. Cependant, les Algériennes et Algériens ignorent les dessous de cette hypocrisie générale entretenue par les dirigeants algériens à l’égard de la France. Et pour cause, ces dirigeants diabolisent outrageusement la France le jour, mais le soir, ils quémandent ses visas et négocient des partenariats privilégiés avec l’ambassade de France à Alger pour obtenir très facilement les précieux rendez-vous de dépôts des demandes de visas Schengen. 

Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des chiffres longtemps secrets qui témoignent de l’ampleur et de la gravité de la dépendance des institutions algériennes les plus névralgiques vis-à-vis de la France. Il s’agit des chiffres des demandes de visas déposées par les diverses institutions gouvernementales et étatiques algériennes au niveau des services consulaires de l’ambassade de France à Alger. Le nombre élevé de ces demandes de visas Schengen a nécessité la mise en place à partir de 2017 d’un accord de partenariat relatif aux visas négocié entre le Consulat général de France à Alger et les diverses institutions étatiques algériennes.

Pour chaque institution algérienne signataire de cet accord, le Consulat général de France lui désigne un responsable du service des visas pour suivre toutes les procédures des titulaires des passeports algériens travaillant pour ces institutions algériennes et qui sont appelés à effectuer régulièrement des séjours officiellement présentés comme “professionnels” en France. Il s’agit d’une procédure accélérée qui offre des privilèges à l’entreprise ou institution ayant signé un accord de partenariat relatif aux visas avec le Consulat général de France à Alger.

Les entreprises ou institutions algériennes bénéficiaires de cet accord jouissent d’un traitement des demandes des visas Schengen accéléré et facilité. En clair, les demandes des fonctionnaires ou représentants de ces entreprises ou institutions étatiques obtiennent toujours plus facilement et rapidement leurs visas Schengen de la part des services consulaires français grâce aux dispositions de cet accord de partenariat.

Et les chiffres sont éloquents. C’est le moins que l’on puisse dire. Le ministère de la Défense nationale dont l’organe médiatique El Djeich attaque régulièrement la France et la “main-étrangère” a déposé plus de 1894 demandes de visas Schengen au niveau du consulat général de France à Alger entre  avril et juillet 2016. Les demandes de visa Schengen en provenance du ministère de la Défense Nationale ont augmenté jusqu’à 4556 entre janvier et août 2017. L’armée algérienne a triplé ses demandes de visas auprès de la France en une période aussi courte et les chiffres sont toujours en constante augmentait-on, a-t-on constaté au cours de nos investigations. La France et ses hôpitaux est la première destination pour les hauts gradés algériens en quête de soins de qualité, a-t-on encore confirmé au cours de nos investigations.

Le ministère de l’Intérieur, autre ministère régalien de l’Etat algérien, a demandé, quant à lui, plus de 145 visas Schengen entre janvier et août 2017. Le ministère de l’Enseignement Supérieur a demandé, pour sa part, plus de 230 visas Schengen entre janvier et août 2017. Le ministère de la Jeunesse et des Sports a déposé plus de 143 demandes de visas pour la France durant la même période. Et le ministère de l’Agriculture a saisi les services consulaires français pour au moins 109 durant pendant toujours la même période qui s’est étalée de janvier jusqu’au mois d’août 2017.

La Présidence de la République a également signé un accord de partenariat pour obtenir des privilèges de la part du Consulat général de France à Alger. De janvier jusqu’à août 2017, la Présidence algérienne a obtenu plus de 72 visas Schengen. L’Assemblée Populaire Nationale (APN), à savoir le Parlement algérien, a profité énormément des largesses de la diplomatie française. Preuve en est, entre janvier et août 2017, plus de 789 visas Schengen ont été délivrés à des députés ou fonctionnaires de l’administration du parlement algérien. Et pourtant, lors de leurs interventions télévisées, les parlementaires algériens “crachent leur venin” sur la France et l’accusent d’être à l’origine de tous les maux de l’Algérie. Etrange incohérence entre les propos politiques et l’attitude personnelle.

Nous retrouvons la même hypocrisie chez les membres du Conseil de la Nation, à savoir les sénateurs algériens. Souvent très âgés et chantant régulièrement les vertus du nationalisme en nourrissant à longueur de journée le sentiment anti-français en Algérie, ces sénateurs ont été parmi les plus gros bénéficiaires de l’accord de partenariat relatif aux visas avec le Consulat général de France à Alger.

Plus de 283 visas Schengen ont été délivrés au profit des sénateurs algériens entre janvier et août 2017. La DGSN, à savoir la police algérienne, a bénéficié aussi d’un nombre élevé de visas français. Plus de 657 demandes de visas ont été traitées favorablement par le Consulat général de France durant la même période de l’année 2017.

C’est vous dire que les institutions algériens sécuritaires, militaires et politiques sont très avides de voyages en France et de privilèges négociés avec les autorités françaises. Mais lorsque les dirigeants de ces institutions s’adressent au commun des mortels en Algérie, ils sortent le même disque rayé du nationalisme anti-français. Hypocrisie quand tu nous tiens !