D’éminents experts nationaux et internationaux ont salué, mardi, lors de la 11ème web-session des “MEDays Talks”, le rôle “important” et “actif” joué par le Maroc pour trouver une solution politique à la crise libyenne.

Lors de cette visioconférence, placée sous le thème “Libye : Croire en une solution politique par les libyens et pour les libyens”, le président de l’Institut d’études prospectives et de sécurité en Europe (IPSE), Emmanuel Dupuy, a mis en exergue le rôle important joué par le Maroc dans le processus de négociation du conflit libyen, et ce à travers le rapprochement des points de vue divergents entre les parties, ce qui a abouti à la signature en 2015 de l’Accord de paix de Skhirat, formulant le souhait de pouvoir parvenir à une solution politique devant permettre de favoriser la paix, la stabilité et la sécurité en Libye et dans les régions du Maghreb et du Sahel.

M. Dupuy a, par ailleurs, souligné que les interventions étrangères directes ont exacerbé la situation et perturbé le processus politique en Libye, appelant à favoriser le rapprochement des positions et la convergence des intérêts de toutes les parties concernées par ce conflit, en vue de renforcer la paix et la stabilité dans la région.

Pour sa part, le directeur du centre international de recherche et des droits de l’Homme de Bruxelles, Ramadan Abujazar, a assuré que les rounds de négociations inter-libyennes tenus à Bouznika ont contribué à la redynamisation du processus de dialogue politique et au renforcement de ses chances d’aboutissement, notant que les pays de la région peuvent jouer un rôle crucial dans la promotion de la sécurité et la stabilité en Libye.

Il a, à cet égard, souligné la nécessité de mettre fin aux interventions d’acteurs extérieurs et d’oeuvrer pour parvenir à une solution à cette crise, qui dure depuis des années, avec une contribution des parties libyennes, loin de l’ingérence étrangère, appelant à impliquer davantage les tribus, afin de trouver une solution politique concertée au conflit.

Même son de cloche chez le directeur du centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAN), Abidi Hasni, qui a mis l’accent sur l’importance du processus de Bouznika et le rôle actif joué par le Maroc, qui a contribué à favoriser un cadre neutre pour le dialogue inter-libyen, soulignant l’impératif de soutenir une solution politique à cette crise au détriment de l’option militaire.

De son côté, le président du Centre d’analyse du terrorisme, Jean Charles Brisard, a relevé que la situation d’instabilité en Libye est favorisée par plusieurs facteurs endogènes et exogènes, estimant que la résolution du conflit est entravée par l’ingérence des puissances étrangères, qui, selon lui, peut favoriser la montée en puissance du terrorisme et de l’immigration clandestine.

Pour le fondateur et directeur général de l’Institut Sadeq en Libye, Anas El Gomati, le Maroc a joué un rôle actif et neutre dans le processus de négociation du conflit libyen, notant que le succès de l’Accord de Skhirat trouve son essence dans l’application rigoureuse du principe de la neutralité positive du Royaume pour éviter toute ingérence dans les affaires intérieures de la Libye et garantir le maintien de l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale de ce pays.

M. El Gomati a estimé que l’implication des pays de la région dans la crise libyenne est importante et doit être respectée par les autres acteurs de la communauté internationale afin de renforcer la stabilité et la paix dans la région.

Quant au président de l’Institut marocain des relations internationales (IMRI), Jawad Kerdoudi, il a relevé que le Maroc, grâce à sa politique étrangère fondée sur le respect de l’intégrité territoriale des Etats, appelle à privilégier la solution politique plutôt que l’option militaire en Libye, notant que le Royaume s’est impliqué d’une façon très importante dans ce processus, tout en restant attaché au principe de neutralité et oeuvrant pour parvenir à une solution à cette crise par les Libyens eux-mêmes.

Le maitre de conférences sciences Po et directeur de recherches à l’Institut de prospective et de sécurité en Europe (IPSE), Abderrahim Kader, a, de son côté, a appelé à mettre fin aux interventions étrangères dans la région du Maghreb et à renforcer l’intégration maghrébine, en vue de garantir la paix, la stabilité et la sécurité dans la région et de contribuer à redéfinir le nouveau cadre géopolitique en Méditerranée.

Organisés par l’Institut Amadeus, les “MEDays Talks”, placés sous le thème “Dans le sillage de la Covid-19: Ripostes, reprise et disruption”, se tiennent du 10 au 17 novembre en format virtuel à raison de deux panels par jour et connaissent, à l’instar du “Forum MEDays”, la participation de personnalités internationales de renom qui prennent part à des discussions et débats sur les grands sujets d’actualité.