Le Président du Sénégal, Macky Sall, en marge du Forum de Paris, a abordé la polémique sur les caricatures déclenchée par son homologue français, Emmanuel Macron, et qui a soulevé des vagues jusqu’au Sénégal, où des marches de protestation ont été initiées pour condamner la sortie du numéro un français.

« Nous ne renoncerons pas aux caricatures », avait soutenu le Président français, lors de l’hommage rendu à Samuel Paty, le professeur qui a été décapité dans les Yvelines, après avoir montré une caricature du Prophète à ses élèves. Présent au Forum de Paris sur la Paix, le Président sénégalais, Macky Sall, a invité son homologue français, Emmanuel Macron, à accepter les différences et à la tolérance vis-à-vis de ce que le dirigeant de ce pays d’Afrique de l’Ouest appelle l’islam tolérant.

« L’islam que nous connaissons, nous, au Sénégal, qui est un islam de tolérance que nous assumons, ne peut pas aller dans cette direction. Nous voulons aussi qu’il y ait de la tolérance vis-à-vis de l’islam tolérant. C’est bien de combattre le terrorisme, mais il faudrait qu’on respecte aussi la différence… Il faut que nous acceptions les différences mais que nous allions ensemble vers ce que nous voulons bâtir en commun », a indiqué Macky Sall, sans directement citer le cas de la sortie de Macron, objet de vives contestations un peu partout dans le monde, y compris le Sénégal où l’appel à poursuivre les caricature du  prophète Mohamed fait par le chef de l’Etat français, jugé offensant, a fait l’objet de marches dans plusieurs régions.

« La plateforme qui pourra nous permettre de combattre ensemble tous ceux qui sont contre ces valeurs communes que nous pouvons développer et qui se nourrissent de la haine et qui veulent créer un discours hégémonique pour justifier, injustement, leur forfait en utilisant la religion alors que l’islam, d’ailleurs, est la première victime… Je suis confiant que nous pouvons partager des valeurs, je ne suis pas dans du scepticisme, seulement nous avons besoin aussi d’étendre le spectre de la discussion, de tenir compte des réalités des uns et des autres pour bâtir des valeurs communes », a précisé le dirigeant sénégalais.

Selon Macky Sall, « c’est tout à fait possible et ça demande simplement qu’il y ait de l’humilité en sachant que nous n’avons pas forcément les mêmes valeurs ». Par ailleurs, le chef de l’Etat sénégalais a plaidé « la mise en place de politique de justice sociale, d’équité sociale et territoriale au sein de chaque pays, en limitant les inégalités, les injustices pour la stabilité nationale ainsi qu’internationale ». Cette sortie du dirigeant sénégalais a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs débats, certains assez houleux, ce vendredi nuit.

Beaucoup estimant que « Macky Sall devait clairement signifier à Macron qu’il avait commis une erreur en insistant que « la France n’arrêtera pas les caricatures ». Car il s’agit du prophète Mohamed. Macron allait-il encourager ces caricatures si c’était sa personne ou son épouse qui était ainsi caricaturé ? Alors qu’il n’est à la tête que de quelques 65 millions de Français. Il faut qu’on arrête. Macron a commis une erreur et les médias français tentent de camoufler cette grosse bourde qu’aucun dirigeant au monde n’a jusque-là jamais commise. Mais Dieu sait que cette phrase, le Président français ne la répètera plus jamais de sa vie. Lui-même étant conscient qu’il a fait une grosse erreur « .

« Même le Président Erdogan, qui je rappelle au passage, n’est pas un exemple, oui Erdogan n’est en rien un exemple, s’est insurgé contre cette sortie de Macron. Ce qui en dit sur la grossière sortie du Président Macron au sujet des caricatures sur le prophète Mohamed drainant des milliards de croyants », a lancé le rappeur Fou Malade sur le plateau de la TFM. Cette affaire continue de secouer le Sénégal où tous les foyers religieux ont affirmé leur indignation face à cette sortie du chef de l’Etat français.