Depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus, l’économie algérienne fait face à une récession d’une ampleur historique. C’est pourquoi les spécialistes du secteur tirent la sonnette d’alarme et appellent à des réformes structurelles urgentes.

L’un d’eux, Abdelarhmi Bessaha, expert international en macroéconomie et conseiller de plusieurs gouvernements dans le monde, estime que la situation économique de l’Algérie connaît un niveau de récession « jamais atteint » depuis l’indépendance du pays en 1962.

Un constat qui n’a pas été démenti par le gouvernement algérien, qui avait annoncé, lors du dernier Conseil des ministres consacré à l’examen de l’avant-projet de Loi de finances 2021, que le déficit de la balance des paiements était estimé à 21,7 milliards de dollars.

Les experts appellent à des réformes structurelles urgentes

Abdelarhmi Bessaha interpelle les autorités algériennes sur l’urgence de mettre en place « des mécanismes sérieux » en vue de gérer cette crise économique. Il explique, dans une déclaration accordée au quotidien El Watan, que le pays a connu une récession de -4% durant le premier trimestre de l’année en cours, et une récession de -7% durant le deuxième trimestre. Il souligne, en outre, que sur la base des estimations pour l’année 2020 et 2021, le solde global de la balance des paiements « fera apparaître un déficit d’environ 20 milliards de dollars annuellement ».

Par ailleurs, la Banque d’Algérie a souligné que depuis la chute des prix de pétrole en 2014, les réserves de change du pays étaient passées de 180 milliards de dollars à fin 2014 à 63,8 milliards de dollars à décembre 2014. Les recettes des hydrocarbures, principales ressources en devises du pays, ont substantiellement reculé.

Un effondrement qui s’est traduit par la chute des réserves de change, passées à 53,5 milliards de dollars à fin juin 2020. Le même expert explique que les réserves de change « passeraient ainsi de 63,8 milliards de dollars à fin 2019 à 43,8 milliards à fin 2020 et à 23,8 milliards en 2021 ». Sans réformes structurelles, le déficit budgétaire global de l’Algérie se situerait, en moyenne, à -15,1% du PIB au cours de la période 2020-2023.