Des dizaines d’habitants de Biskra, ulcérés et affligés par l’aggravation de la situation pandémique, dont une majorité de jeunes endeuillés par la perte d’un parent, un ami ou un proche, se sont rassemblés, hier matin, devant le siège de la direction de la santé, de la population et de la réforme hospitalière de Biskra.

Dénonçant la situation «déplorable, inacceptable et inhumaine», selon eux, régnant depuis des jours au service dévolu à la prise en charge des malades de la Covid-19 de l’hôpital Hakim Saadane de Biskra et réclamant la destitution du directeur de la santé accusé par la vox populi d’«inertie et d’incompétence manifeste» pour faire face à l’augmentation fulgurante du nombre de malades et des décès quotidiens provoqués par des défaillances techniques et des carences du staff médical, «lequel est soumis à une charge de travail titanesque», ont-ils précisé, des dizaines d’habitants de Biskra, ulcérés et affligés par l’aggravation de la situation pandémique, dont une majorité de jeunes endeuillés par la perte d’un parent, un ami ou un proche, se sont rassemblés, hier matin, devant le siège de la direction de la santé, de la population et de la réforme hospitalière de Biskra, a-t-on constaté.

Ils ont recouvert le mur d’enceinte de cet édifice administratif de banderoles portant leurs revendications et ont clamé à tue-tête leur angoisse, dépit et colère, tout en demandant une réaction urgente du wali et du ministre de la Santé afin de «sauver une wilaya endurant les affres d’un génocide sanitaire dans l’indifférence des pouvoirs publics et de la communauté locale des élus, des investisseurs, hommes d’affaires et richissimes entrepreneurs restant de marbre alors que l’Algérie est en guerre contre une monstrueuse calamité qui emporte les meilleurs d’entre nous».

«Les solutions existent pour apporter aide et réconfort à nos malades dans cette unité anti-Covid-19 qui est saturée et dont le personnel soignant est au bout du rouleau après des semaines d’efforts et de sacrifices pour mener à bien leur mission.

Nos parents et nos proches meurent par asphyxie et déshydratation et par manque de soins appropriés. Il est inconcevable que l’on attende l’arrivée d’une citerne d’oxygène, qu’un infirmier ait 30 patients en charge et qu’un médecin en ait 50 à lui tout seul et que l’on se satisfasse des actions caritatives et de bienfaisance des associations pour assurer et garantir un protocole thérapeutique à des malades ayant besoin d’un accompagnement médical de pointe et d’un soutien psychologique pour traverser ce rude épisode de leur vie.

C’est honteux ce qui se passe actuellement à l’hôpital Hakim Saadane où beaucoup de malades sont abandonnés à leur triste sort du fait du manque d’un plan d’intervention prévisionnelle qui est du ressort de la direction de la santé», a tancé un manifestant.

A noter que cette unité anti-Covid-19 est devenue une auberge espagnole où règne une pagaille indescriptible. Des internautes ne se privent pas quotidiennement d’épingler les responsables et dénoncer les lacunes dans des vidéos et des commentaires au vitriol.

Vrai. On ne sait plus qui est qui dans cette structure hospitalière en principe isolée et astreinte au confinement, à tel point que des personnes se permettent d’y entrer pour filmer les malades sans que personne ne trouve à y redire.

Le nombre de patients y dépasse de loin ses capacités initiales et les techniciens et manutentionnaires, ses paramedicaux et ses médecins, dont plusieurs ont été atteints par le virus en question, ont besoin de voir leurs rangs renforcés pour parer à cette situation, qui n’est apparemment pas en mesure d’être maîtrisée, comme la propagation de cette pandémie devant être endiguée et annihilée au plus tôt, a-t-on relevé sur place.

Ces protestataires et les habitants de Biskra dans leur ensemble, mus par leur constat empirique, réclament des mesures d’urgence draconiennes, l’ouverture d’un centre de dépistage et de test et la visite du ministre de la Santé, «qui pourra s’enquérir de visu de la catastrophe sanitaire en cours et de l’expansion quotidien du carré des morts dus à la Covid-19 au cimetière d’El Boukhari de Biskra», lance-t-on.