A la surprise générale, l’impopulaire ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, a été maintenu dans le nouveau gouvernement XXL que Tebboune vient de mettre en place. Donné partant par toutes les sources fiables et proches du Palais Présidentiel d’El-Mouradia ces derniers jours, Belkacem Zeghmati est finalement resté. Pourquoi ? Parce qu’il est l’emblème d’un clan qui s’accroche toujours au pouvoir et qui ne recule pas contrairement à ce que laissaient entendre les rumeurs propagées par les chapelles médiatiques affiliées au régime algérien. Ce clan est celui du défunt Ahmed Gaid Salah. 

Oui, le général Wassini Bouazza a chuté le 14 avril dernier. Il vient, d’ailleurs, d’écoper d’un verdict le condamnant à huit (08) ans de prison ferme assortis d’une amende de 500.000 Da pour outrage à corps constitué et fauxet usage de faux. L’ex-Directeur général de la Sécurité intérieure (DGSI) a comparu devant la Cour d’appel militaire de Blida qui a étudié son dossier “pour les chefs d’inculpation d’outrage verbal à corps constitué, humiliation d’un subordonné, faux et usage de faux et détention d’une arme et de munition de guerre catégorie IV, des faits prévus et punis par les articles 144 et 222 du code pénal, 4 et 32 de l’ordonnance 06/97 du 21/01/1997 relative aux matériels de guerre, armes et munitions, et 320 du code de justice militaire”,  a expliqué dans un communiqué la Cour d’appel militaire de Blida.

Cependant, le jour même de l’annonce de ce verdit de la justice militaire, Tebboune procède au remaniement ministériel et nomme son gouvernement de 45 ministres en maintenant Belkacem Zeghmati, le poulain et protégé de Wassini Bouazza, à la tête du ministère de la Justice. Le message n’est pas subliminal, mais s’adresse directement au clan Gaid Salah : ne vous inquiétez pas, vous intérêts seront préservés ! Oui, Tebboune fait la paix et noue une alliance avec le clan des officiers et généraux du défunt Chef d’Etat-Major de l’ANP. Les romans médiatiques publiés récemment sur la chute probable du clan Gaid Salah s’avèrent totalement infondés. Et pour cause, le clan Gaid Salah ne se résume pas à Wassini Bouzza, le général Nabil, l’ancien patron de la DCSA, ou le le général Amar Bousis, l’ancien patron de la Justice militaire au ministère de la Défense nationale. Ces derniers sont, certes, partis. Mais le clan Gaid Salah englobe des dizaines généraux-majors, des chefs de régions militaires, de chefs de corps et des directeurs centraux du ministère de la Défense nationale.

Le défunt Gaid Salah a promu une génération entière de nouveaux officiers supérieurs, de généraux. Cette génération est toujours aux commandes des posts clés de l’institution militaire comme les chefs de régions ou les directeurs de plusieurs départements au niveau du ministère de la Défense nationale. Said Chengriha, le nouveau patron de l’Etat-Major de l’ANP, il n’est toujours pas permanisé et régularisé. Et même si le 5 juillet prochain, il obtient sa permanisation à la tête de l’ANP, il lui faudra du temps pour imposer ses hommes, procéder aux changements et reconfigurer l’institution militaire avec toujours cette méconnue qui va peser fortement sur son travail : quelle sera réellement sa marge de manoeuvre ? Tebboune vient de lui compliquer gravement la tâche en maintenant l’emprise du clan Gaid Salah sur le gouvernement et le pouvoir politique du pays.

Quant à Belkacem Zeghmati, il continuera à monopoliser la justice et poursuivra le sale travail : emprisonner les activistes et militants du Hirak, pourchasser les opposants, bâillonner les voix libres, réprimer les libertés publiques. Bref, le retour à la case du départ, celle du projet initial porté par le défunt Ahmed Gaid Salah : l’instauration d’une dictature martiale en Algérie…