L’élection de Abdelmajid Tebboune à la magistrature suprême de l’Algérie, et l’arrivée inattendue du général Chengriha à la tête de l’ANP, deux ennemis auto-déclarés du Maroc, suscite des questions sur les futures relations bilatérales entre les deux plus grands acteurs de la région. Les récentes sorties médiatiques de ces deux hommes, qui semblent davantage préoccupés par le développement du Maroc que par leurs propres problèmes internes, méritent une mise au point historique, afin de mettre, une bonne fois pour toutes, les points, voire les poings s’il le faut, sur les i. 

si aujourd’hui abdelmajid tebboune se positionne comme défenseur des intérêts algériens, face à un maroc, qu’il voit manifestement comme une menace, c’est parce qu’il estime que ses concitoyens ne sont pas au fait de leur véritable histoire, en leur prêchant une parole révolue et périmée, consistant à dire que le royaume avait tenté, en 1963 d’envahir l’algérie, et qu’il avait suspendu le visa pour les ressortissants algériens suite à l’attentat d’Atlas Asni a Marrakech en 1994.

En 1963, l’Algérie était sous le commandement du clan “Oujda”, fondé à cette ville  et  à Nador, avant l’indépendance du pays. Ces deux villes marocaines ont assisté à la naissance des redoutables services secrets algériens, responsables du meurtre de plusieurs milliers de citoyens algériens, sur ordre du colonel Boussouf et son adjoint, le non moins connu colonel Boumédiène. C’est d’ailleurs ce clan qui avait instigué l’assassinat en 1957 à Tétouan, de Abane Ramdane, fervent militant politique et architecte de la révolution algérienne.

Sauf que Tebboune oublie qu’en 1963, le clan “Oujda”, dont il n’est, finalement, que le prolongement dans l’histoire, avait ourdi, en collaboration avec les services de renseignement de son pays, tout un scénario pour faire face à la fameuse Wilaya 3, ouvertement opposée à la prise du pouvoir par le Clan après l’indépendance, pour “assainir” cette région de ses trublions, ayant fait inopinément leur apparition sur la scène, tel un cheveu dans la soupe, faisant ainsi porter le chapeau de cette insurrection au gouvernement marocain. Ça leur faisait une belle jambe !

Face à une telle accusation simpliste et portés par la ferveur nationaliste, certains Algériens ont facilement gobé cette version, qui a suscité chez certains d’entre eux, une haine et une crainte vis-à-vis du voisin de l’ouest. Cette version scandaleuse a toutefois été dépoussiérée par le Maroc, qui n’a pas souhaité jouer le jeu du clan “Oujda”, dont les fondations et l’organisation s’étaient pourtant faites sur son sol, en dénonçant ce stratagème infâme, chose ayant fini par provoquer le ressentiment qu’on connait à Boumédiène pour le Maroc, d’où ses rébarbatives accusations de trahison.

Sans évoquer la participation du Maroc à la guerre de libération ayant duré sept ans, où certains marocains ont payé leur solidarité par leur vie, l’Algérie s’est évertuée, en 1975 à expulser tous les citoyens marocains de son territoire, provoquant le déchirement de plusieurs milliers de familles, sur les deux bords de la frontière.

Malgré tout ceci, Abdelmajid Tebboune estime donc que la suspension du visa instaurée par le Maroc contre les algériens, le temps d’élucider un attentat sanglant survenu sur son territoire, mérite que le royaume présente ses excuses à l’Algérie, oubliant tous les gestes, parfois au détriment de la vie de ses propres citoyens, que le Maroc a consenti envers son voisin, tout au long de l’Histoire. Une seule question s’impose ainsi d’elle-même : monsieur le président, ceci étant dit, qui devrait présenter ses excuses à l’autre ?

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