En première ligne face aux groupes djihadistes ainsi qu’aux incursions venues de Libye, les militaires tunisiens pourraient bientôt pouvoir ajouter des drones armés “Made in Turkey” à leur arsenal.

Selon certaines informations, Turkish Aerospace Industries (TAI) vient d’entrer en négociations exclusives avec l’armée tunisienne en vue de lui fournir des drones armés Anka. L’offre de l’industriel de défense étatique a été préférée par Tunis aux Bayraktar-TB-2 d’un autre fournisseur turc, le groupe privé Baykar Makina. Ces derniers sont déjà engagés sur le théâtre libyen. Le négociations portent sur l’achat de deux à trois systèmes comprenant chacun deux drones et une station au sol et d’un lot de missiles guidés miniaturisés MAM-L fabriqués par Roketsan, pour environ 80 millions de dollars au total. Ce marché, s’il se concrétise, offrirait le premier débouché export à l’Anka.

Sur le papier, le financement est déjà assuré : Tunis et Ankara ont signé depuis 2015 une séries d’accords de coopération militaire et financière dont le premier ministre partant, Youssef Chahed, a ratifié la dernière mouture le 15 novembre. La Türk Eximbank a mobilisé une enveloppe d’au moins 200 millions de dollars, réservée à l’achat d’équipements militaires turcs. Tunis juge toutefois les coûts bancaires de l’opération de crédit trop élevés, ce qui expliquerait que les négociations traînent en longueur.

Cette livraison viendrait couronner plusieurs années de rapprochement diplomatico-sécuritaire bilatéral, noué par le président du parti Ennahda, Rached Ghannouchi, et le président turc Recep Tayyip Erdogan. Une véritable idylle que le nouveau chef de l’Etat Kaïs Saïed ne cherchera vraisemblablement pas à contrarier. Comme son prédécesseur Béji Gaïd Essebsi, sa survie politique dépend d’Ennahda et Rached Ghannouchi, qui a pris en novembre la présidence de l’Assemblée des représentants du peuple. Tunis pourrait toutefois subir la pression de l’Union européenne ainsi que des Etats-Unis, deux gros bailleurs, important pourvoyeur d’aide militaire.

La signature d’un accord maritime et de défense entre la Turquie et le gouvernement libyen de Fayez Sarraj, le 27 novembre, revenant à étendre la souveraineté d’Ankara sur les eaux chypriotes, a provoqué une levée de boucliers diplomatique, de Bruxelles à Washington…

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