Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale a signé mardi à Riyad un accord de partage du pouvoir avec les séparatistes pour mettre fin à un conflit dans le sud du Yémen, pays dévasté par une guerre aux fronts multiples.

Ce conflit, qui a vu les séparatistes prendre le contrôle d’Aden, la grande ville du sud déclarée capitale “provisoire” par le gouvernement, a détourné la coalition menée par l’Arabie saoudite de son combat contre les Houthis, rebelles venus du nord du Yémen qui se sont emparés de la capitale Sanaa et de larges pans du territoire.  Selon l’ONU, il s’agit d’un affrontement qui a provoqué la pire situation humanitaire du monde. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit 80% de la population, ont besoin d’assistance, affirme l’organisation.

“Cet accord va ouvrir une nouvelle période de stabilité au Yémen. L’Arabie saoudite se tient à vos côtés”, a déclaré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane durant la cérémonie de signature, retransmise à la télévision, où Cheikh Mohammed ben Zayed, prince héritier d’Abou Dhabi et homme fort des Emirats arabes unis, le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi et le chef du STC Aidarous al-Zoubeïdi y également ont assisté.

L’accord prévoit, selon des sources politiques yéménites et saoudiennes, d’intégrer des séparatistes du Conseil de transition du sud (STC) au gouvernement et le retour de celui-ci à Aden après son exil à Riyad.

Les forces séparatistes du STC, dont les unités du “Cordon de sécurité”, ont pris en août le contrôle d’Aden, qui était devenue la base de repli du gouvernement, expulsé de la capitale Sanaa en 2014 par les rebelles Houthis.

Les affrontements entre les séparatistes et les forces loyalistes, en principe alliés dans la guerre contre les Houthis, ont fait craindre un éclatement du pays.

“A court terme, l’accord va permettre à la coalition de rester soudée et de concentrer ses efforts sur la bataille contre les Houthis”, a estimé Elisabeth Kendall, chercheuse à l’Université d’Oxford.

A plus long terme “les ambitions du Sud ne disparaîtront pas comme ça et la question est de savoir si (les séparatistes) peuvent être temporairement maîtrisés”, a-t-elle ajouté à l’AFP.

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