En Tunisie, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) fait face à un dilemme du fait que les deux candidats au deuxième tour de la Présidentielle, Kais Saied et Nabil Karoui, n’aient pas les mêmes chances, le second nommé étant en prison.

Estimant que son rôle ne se résume pas à gérer la logistique liée aux scrutins, mais consiste essentiellement à protéger le processus démocratique, l’Instance supérieure indépendante pour les élections en Tunisie (ISIE) dit se trouver en situation « embarrassante », dans la mesure où les deux candidats au second tour du scrutin présidentiel, Kais Saied et Nabil Karoui, n’ont pas les mêmes chances, ce dernier étant toujours en détention.

L’ISIE, par la voix d’Anis Jarboui, membre de l’instance, dit craindre « sérieusement l’éventualité de remettre en cause les résultats du second tour de la présidentielle et les conséquences qui s’en suivent si le statu quo est maintenu en l’absence de jurisprudence claire sur ce point ». Dans une déclaration faite ce samedi 28 septembre 2019 à l’agence TAP et reprise par Espace Manager, M. Jarboui soutient ne pas écarter la « non-acceptation des résultats par l’opinion publique si le candidat Nabil Karoui est toujours en détention ».

Anis Jarboui a axé son argumentaire sur les articles 2 et 3 de la loi organique relative à l’ISIE et qui « garantit des élections et référendums démocratiques, libres, pluralistes, honnêtes et transparents ainsi que l’égalité de traitement entre tous les électeurs, candidats et intervenants durant les opérations électorales et référendaires ».

Possibilité d’un débat télévisé

Le mercredi 25 septembre, le PDG de la télévision nationale tunisienne a armé le que sa chaîne était prête pour assurer, en prison, l’organisation du débat télévisé entre les candidats du second tour de l’élection présidentielle prévu le 13 octobre prochain, dans la mesure où le candidat Nabil Karoui détenu par la justice, ne sera pas libre de ses mouvements. Si la justice accède à cette requête, les candidats disposeront chacun de 02h35 mn pour convaincre la Tunisie. Et le premier débat abordera le thème de « Sureté nationale ».

Président du parti « Au Cœur de la Tunisie », Nabil Karoui a été arrêté le 23 août 2019, pour suspicion de blanchiment d’argent et d’évasion scale. Ayant obtenu 15,5% des voix au premier tour de la Présidentielle, il se trouve toujours en détention préventive à la prison de la Mornaguia. Le 5 septembre, la chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis a rejeté sa demande de libération de Nabil Karoui.

Dans la journée du mercredi 25 septembre, alors que les Tunisiens attendaient la décision de la justice à propos d’une nouvelle demande de libération formulée par les avocats de Nabil Karoui, la justice a repoussé l’annonce de sa décision au mercredi 2 octobre, a indiqué Me Kamel Ben Massoud, conseil du candidat.

Article d’Isabelle Prisca Zountcheme, sur Afrik.com !

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