Le Hirak populaire qui secoue l’Algérie depuis février dernier a provoqué des dommages collatéraux considérables sur l’économie du pays, déjà frappée de plein fouet par une crise financière, annoncée depuis la chute du prix du baril de pétrole en 2016.

L’économie algérienne, qui repose essentiellement sur la production pétrolière, est restée sous une perfusion bancale avec le recours à la planche à billets, pourtant fortement déconseillée par le FMI du fait du risque important d’une inflation incontrôlable, entrainant, de facto, une chute vertigineuse du pouvoir d’achat.

La proposition du premier ministre Noureddine Bedoui, de recourir à l’endettement extérieur, au moment où cette option avait été écartée à la veille de l’éclatement des manifestations, a de quoi surprendre. Après s’être longtemps reposée sur les revenus de la manne pétrolière, l’Algérie n’avait presque jamais envisagé de demander crédit au Fonds monétaire international ou à la Banque mondiale, confiante, à tort, en la pérennité de sa rente, gracieusement offerte par la nature.

Or, avec le gel de l’octroi de crédit aux consommateurs et à la crise de liquidité sans précédent, le pays se doit désormais de réagir, quitte à abandonner ses principes liés à une économie autonome et à une balance équilibrée.

Ce qu’il faut rappeler également, c’est que la création de monnaie, qui avait duré plusieurs mois, a plongé le pays dans un endettement incalculable… vis-à-vis de lui-même. En d’autres termes, le gouvernement algérien devra verser chaque centime récupéré de la manne pétrolière aux banques ayant donné des crédits, avec la garantie factice que le prix du baril finirait par augmenter… un jour !

L’impasse politique dans laquelle se trouve le pays du million et demi de martyrs n’aide pas non plus à endiguer le trou budgétaire qui s’annonce sans fonds pour la prochaine année fiscale, surtout avec un Gaid Saleh têtu, seul aux commandes d’une nation, qui s’apprête à réaliser une itération de l’expérience vénézuélienne et à rationner sa population.

Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas les dernières attaques de drones survenues en Arabie saoudite sur des sites du géant pétrolier Aramco, qui sauveront la peau de la bande à Gaid Saleh, restée muette face à cette violation du territoire et à l’assaut porté au cœur de ce pays du Golfe. Malheureusement pour l’Algérie, malgré une petite hausse des prix du baril, enregistrée quelques heures après les attaques, le marché s’est rapidement stabilisé grâce à un repli consciencieux et à une volonté d’éviter l’escalade violente.  

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