Mort de Beji Caid Essebsi, le plus vieux Président africain, à l’hôpital militaire de Tunis (capitale de la Tunisie). Il avait 92 ans et avait été démocratiquement élu après une longue période d’autocratie en Tunisie.

Né le 29 novembre 1926 à Sidi Bousaïd, village balnéaire au nord de Tunis, Béji Caïd Essebsi est issu d’une famille de la bourgeoisie tunisoise qui comptait parmi ses aieux un mamelouk d’origine sarde. Élève du collège Sadiki à Tunis, pépinière de l’élite tunisienne émergente, il s’ouvre à la fin des années 1930 aux idées du courant nationaliste qui s’active autour de Habib Bourguiba.

Son bac en poche, il part étudier en 1950 le droit à Paris où il confirme son engagement militant dans les réseaux du Néo-Destour, le parti de Bourguiba dont il devient un fidèle.

Premier président issu d’un scrutin libre en 2014, cet héritier de Habib Bourguiba – le « Père de l’indépendance » – s’était assigné la mission de réhabiliter le « prestige de l’Etat »menacé à ses yeux par les « surenchères » de la révolution. Le « moderniste » qu’il était n’aura toutefois pu accéder à la magistrature suprême qu’en scellant un pacte avec les islamistes du parti Ennadha, ses farouches adversaires de la veille, plaçant la tactique au-dessus de l’idéologie.

Et surtout, il aura rétabli en son palais de Carthage une ambiance de sérail dynastique – en cautionnant les ambitions de son fils – qui cadrait mal, là aussi, avec sa rhétorique sur l’Etat « à restaurer ». Contradictoire, Béji Caïd Essebsi l’était assurément, à l’image de bien de ses compatriotes.

Béji Caïd Essebsi est mort à 10 h 25, ce jeudi matin, à l’hôpital militaire de Tunis, selon le communiqué de la Présidence tunisienne. Il avait été reçu à cet hôpital, trois jours plus tôt.

Papier d’Afriksoir avec Le Monde


LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici