Depuis que le Général Ahmed Gaid Salah a entamé sa purge inconditionnelle et irréfléchie au sein des milieux qu’il juge proche de l’ancien pouvoir, alors que lui-même en était l’une des pierres angulaires, un sentiment de peur a envahi tous les ex-responsables politiques et militaires, terrorisés à l’idée de finir leurs jours dans les geôles du généralissime.

C’est notamment le cas de l’ancien ministre de la défense algérien, Khaled Nezzar, qui craint tellement pour sa vie, qu’il ne sait plus où se cacher pour échapper aux nervis de Gaid Salah, parsemés, de part et d’autre de la méditerranée. Actuellement en déplacement en Europe pour des raisons médicales, Nezzar refuse de s’installer à Paris, où il a été pris à parti, en juin dernier par deux de ses compatriotes à l’aéroport d’Orly, qui l’ont harcelé et qu’il accuse d’être à la solde de la DRS, invoquant les réminiscences du tristement célèbre opposant algérien du FFS, André Ali Mecili, abattu, en 1987, devant son domicile parisien par trois balles dans la tête par des barbouzes d’Alger.

Pris d’un délire paranoïaque, Khaled Nezzar refuse également de s’installer en Suisse, où la justice fédérale a récemment réactivé une procédure de jugement pour sa responsabilité dans les crimes qui lui sont imputés lors de la décennie noire, théâtre de la mort de plus de 200.000 Algériens.

Mais si Nezzar prend toutes les précautions nécessaires pour se faire oublier “physiquement” et éviter une éventuelle arrestation en Algérie, qu’il qualifie déjà d’arbitraire, il n’en a pas moins gardé la langue pendue sur les réseaux sociaux, pour dénigrer Gaid Salah, dont il se prévaut d’avoir été l’instructeur, tout en déplorant son indigence intellectuelle, qui ne le prédispose nullement à gérer les destinées de l’Algérie.

Le Général éradicateur de l’ex-FIS, qui écume, depuis bientôt deux semaines, les réseaux sociaux avec ses tweets incendiaires sur Gaid Salah, qu’il traite de tous les noms d’oiseaux, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et selon des sources sures au sein des milieux journalistiques du pays de la Movida, Nezzar s’apprête à publier, au cours des prochains mois, un livre rédigé par le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, spécialiste pendant plus 30 ans des affaires du Maghreb sur les colonnes des quotidiens phares d’El Pais et El Mundo, ayant par ailleurs déjà collaboré avec le site “Algérie patriotique”, dirigé par Lotfi Nezzar, fils de l’ex-ministre de la défense, avant d’offrir plus récemment ses services au journal électronique « Tout sur l’Algérie (TSA) »

Privé inopinément, de la prise en charge de ses soins médicaux à l’étranger et ce, sur instructions de Gaid Salah, Khaled Nezzar qui vit de plus en plus mal cette guerre froide qu’il qualifie d’extrêmement humiliante, aura-t-il le temps d’achever l’écriture de son pamphlet et d’en assurer sa publication, avant d’être rattrapé par les démons qui le traquent ? C’est la question qui fait aujourd’hui sourire les sbires de l’actuel homme fort de l’ANP, surtout que comme le rappelle machiavéliquement l’un d’eux, “l’Algérie et l’Espagne viennent de signer en mars dernier un mémorandum d’entente dans le domaine judiciaire, pour parachever le cadre conventionnel liant les deux pays, notamment en matière pénale, de blanchiment d’argent et d’extradition des criminels”. 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici