Lors d’une réunion secrète, les généraux de l’ANP ont décidé de durcir le ton face aux manifestants en ayant recours à la répression armée en cas de débordement.

Dans la foulée de l’annulation de l’élection présidentielle du 4 juillet, le général Ahmed Gaid Saleh, en proie à des rumeurs sur ses capacités à prendre des décisions cruciales pour le pays, après avoir lui-même décidé de prendre les rennes de celui-ci, a convoqué hier une réunion d’urgence de l’état major, durant laquelle une majorité de généraux, viscéralement attachés aux avantages que leur octroie leur position, ont opté, à la veille du premier vendredi post-ramadan du hirak, qui s’annonce agité, de recourir à la force pour disperser les manifestants, devenus trop encombrants pour le régime.

Inspirés par le “succès” de la stratégie mise en œuvre au Soudan, en Libye et en Mauritanie, consistant à mettre en place des hommes forts en treillis à la tête de ces pays, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis ont ordonné à la junte militaire algérienne de changer  son approche sécuritaire, afin d’asseoir un régime militaire qui obéit au doigt et à l’œil sans broncher.

Ainsi, Ahmed Gaid Saleh, qui ne compte plus ses ennemis au sein de la grande muette algérienne depuis qu’il a donné des indices tangibles sur son incapacité à gérer le pays et à organiser des élections, a reçu l’ordre de convoquer une réunion d’urgence de l’Etat Major, durant laquelle la majorité des généraux s’est prononcée en faveur d’une approche sécuritaire plus musclée lors des prochaines manifestations, qui s’annoncent sanglantes en ce début d’été.

Pris au piège de son immobilisme, le chef de l’ANP n’avait d’autre choix que d’obtempérer face aux indications machiavéliques des Saoudiens et des Emiratis, sans tenir compte du risque que cela pourrait engendrer dans la rue, à l’image du carnage survenu à Khartoum il y a quelques jours, où une centaine de personnes a trouvé la mort sous les balles du général Al Burhane.

Les généraux n’avaient plus la patience de voir Gaid Saleh s’empêtrer dans l’indécision et sa soif obsessionnelle de régler des comptes personnels “, indique sous couvert d’anonymat un haut gradé de l’armée, aujourd’hui à la retraite, avant d’ajouter que “désormais, c’est Ryad et Abu Dhabi qui décident à la place du chef de l’Etat Major, avec  la caution implicite de Washington”.

Sans perspective électorale et embourbée dans un vide constitutionnel sans précédent, l’Algérie s’apprête à revivre l’un des épisodes les plus sombres de son histoire, au grand dam des promoteurs de la démocratie, dont l’un des plus fervents militants, au nom de Kamal Eddine Fakhir, est décédé en prison.   

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