Les manifestants algériens contre la « sissisation » du pouvoir algérien par les Emirats Arabes Unis

La rue algérienne ne cesse de le scander à la face du monde, depuis plusieurs semaines. Pour le dixième vendredi de leur mobilisation en faveur d’un changement radical du régime, les manifestants ont encore une fois exprimé leur rejet catégorique du jeu malsain des Emirats Arabes Unis en Algérie.

Les algérois n’ont pas hésité cette fois-ci à brandir la photo grand format du général Ahmed Gaid Salah, enturbanné à la manière des pays du golfe et revêtant leur habit traditionnel, avec en légende une phrase hautement significative et profonde, affirmant que  « ce sont celles-là, les mains étrangères ».

Une scène qui en dit long sur le sentiment de colère du peuple algérien qui fulmine contre la mission commandée par les dirigeants d’Abu Dhabi au chef d’état major de l’armée algérienne, de faire échouer le mouvement populaire, afin d’être adoubé en nouveau Sissi algérien.

Les fils de l’Emir Abdelkader sont pleinement conscients que le nouvel homme fort des Emirats-Arabes-Unis, Mohamed Bin Zayed, surnommé MBZ par la presse internationale, ne veut pas entendre parler de démocratie dans le monde arabe, comme l’attestent les multiples ingérences désastreuses d’Abu Dhabi, au Yémen, en Syrie, en Egypte, en Libye et en Mauritanie, dans le but d’y installer des régimes musclés.

Aujourd’hui, les opposants au système algérien soupçonnent de plus en plus MBZ et ses équipes de vouloir troubler le caractère pacifique des manifestations pour inciter leur pantin Gaid Salah à recourir à la force et à la répression. C’est ce qui expliquerait, selon la vox populi algéroise, les menaces à l’encontre du mouvement populaire que brandit de plus en plus explicitement le vice-ministre de la défense, à chacune des allocutions hebdomadaires qu’il prononce à l’occasion de ses tournées dans les différentes régions militaires du pays.

Tout commence lorsque le général Ahmed Gaid Salah se déplace aux Emirats, en février de cette année, bizarrement une semaine à peine, avant le début des manifestations. Il y est accueilli pendant cinq jours avec les honneurs et les égards dus à un Chef d’Etat. L’homme fort de l’ANP, ayant assisté au salon international de Défense, organisé à Abou Dhabi, n’en a-t-il pas profité pour concocter avec MBZ le scénario du renversement de Bouteflika, devenu depuis quelques années, une sérieuse entrave pour les intérêts émiratis en Algérie ?

Une question fort épineuse, que beaucoup d’algériens n’hésitent plus désormais à se poser, au vu des liens suspects qu’entretient le vice-ministre de la défense avec ce paradis fiscal du Golfe, où son petit-fils Adil a, d’ailleurs,  pris ses quartiers, en y ouvrant plusieurs comptes bancaires.

Désormais, seul aux commandes, le patron de l’ANP est dans la ligne de mire du peuple algérien, qu’il s’est pourtant évertué à entortiller, d’abord en éjectant manu militari Bouteflika de la présidence de la République, et ensuite en déclenchant une chasse aux sorcières , en déférant de manière tapageuse devant la justice, les hommes d’affaires qui soutenaient le président déchu. En optant pour cette approche hasardeuse et incertaine, Gaid Salah démontre qu’hormis son appui par les émiratis, celui-ci ne dispose d’aucune véritable stratégie pour sortir l’Algérie de la crise, chose qui risque de le mettre bientôt dans la position peu enviable de l’arroseur arrosé, en étant, à son tour, chassé par le peuple.

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