A Alger comme à Paris, c’est un secret polichinelle. Entre Gaïd Salah, le patron de l’Armée algérienne, et les autorités françaises, le courant ne passe pas. L’homme fort de l’Armée algérienne n’est pas apprécié par Paris depuis belle lurette. L’Elysée a toujours classé Ahmed Gaïd Salah comme le parfait ambassadeur du clan anti-français du pouvoir algérien. Mais aujourd’hui, la situation a évolué et après le départ de Bouteflika, Paris revois ses calculs. Sauf que le nouvel homme fort du régime algérien, le patron de l’armée Gaïd Salah ne veut pas d’une réconciliation à n’importe quel prix.

L’Etat-Major de l’Armée algérienne voit d’un très mauvais œil l’implication de la France aux côtés du maréchal Khalifa Haftar, l’homme qui veut soumettre toute la Libye à son pouvoir. Or, Haftar est un « anti-Algérien ». Et Alger soutient officiellement ses adversaires et à leur tête Fayez Sarraj, chef du gouvernement d’union nationale à Tripoli, le partenaire privilégié de l’Algérie. Aux yeux de Gaïd Salah comme des autres généraux de l’armée algérienne, la percée de Haftar est une menace sérieuse contre l’Algérie. Et le soutien de la France à Haftar est perçu par Gaïd Salah et son entourage comme une manœuvre claire et précise pour déstabiliser l’Algérie dans ce contexte politique si délicat.

Face à ce risque, Gaïd Salah a menacé clairement Paris de décréter l’Etat d’Exception ce qui pourrait avoir de graves conséquences sur la situation politique interne et impacter les relations franco-algériennes. Pour dépasser ce malentendu, Paris envisage ouvrir un round de négociations avec l’Etat-Major de l’Armée algérienne dans les jours à venir.

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